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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

5) Rapport d'activité 2010 de "Goutte de vies"- Accompagner la mort 2ème partie

Publié le 13 Août 2011 par G. P. S. in Rapports d'activité Goutte de Vies

III - Les cérémonies.      

 

Rencontre avec les représentants des cultes

 

Tout au long de l’année 2009 et dans les 6 premiers mois de 2010, l’atelier a invité les différents représentants des cultes poursuivant ainsi plusieurs objectifs :

Mieux connaitre les différents rites religieux ainsi que leur signification

Constituer un réseau de personnes ressources pouvant être sollicités bénévolement lors des décès

Favoriser le dialogue interconfessionnel

Se sensibiliser aux aspects spirituels de la mort.

 

Les religions musulmane, catholique, protestante, évangélique, orthodoxe, juive et bouddhiste ont ainsi été invitées et sont revenus régulièrement afin de soutenir ce projet. L’atelier a également rencontré Eric Lowen, philosophe de l’association « Aldaran » (Maison de la Philosophie) pour réfléchir aux aspects des rites funéraires civils et/ou liés à l’athéisme.

 

Les maîtres de cérémonie et/ou accompagnants

 

Jusqu’à présent, nous pouvions compter sur 3 à 4 « maîtres de cérémonie » mais il arrive souvent qu’il soit nécessaire de trouver quelqu’un quelques jours avant voire la veille ou l’avant-veille et nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises à devoir assurer ce rôle « d’accompagnant » sans y être vraiment préparés.

 

Le groupe de bénévole a donc besoin de s’étoffer. C’est pourquoi il sera nécessaire en 2011 de constituer un atelier spécifique à toutes personnes intéressées par cette réflexion sur les maîtres de cérémonies en lien avec l’atelier 3.

Nous entendons par maitre de cérémonie une personne, sans forcément de « mandat religieux », religieuse, athée, laïque … peu importe, mais apte à accueillir, rassembler et faire sens autour des temps de l’inhumation ou de la crémation, y compris lors de la dispersion des cendres dans le jardin du souvenir qui est souvent un moment difficile où les proches sont confrontés au vide.

Plusieurs axes pourraient y être développés :

Recueillir les témoignages des personnes ayant déjà effectué cette démarche afin de réfléchir sur les expériences et les pratiques déjà développées.

Une réflexion sur le rôle des ces maîtres de cérémonies et ou accompagnants. L’expérience nous a montré, en effet, qu’il n’est pas forcément besoin de proposer des choses, le plus important est d’assurer auprès des proches une « présence ». Celle-ci peut permettre une médiation avec les employés des pompes funèbres. Elle peut également aider les proches à franchir les différentes étapes des temps d’inhumation sans qu’ils aient à s’en soucier. Elle peut enfin les aider à se saisir de cet évènement et à y poser des actes singuliers s’ils le souhaitent.

Une réflexion sur les rites laïques ou religieux ainsi qu’une collecte et ou recherche d’outils à disposition : textes, gestes, paroles, rites …

Une réflexion sur les témoignages écrits. A plusieurs reprises lorsque les familles ne pouvaient être présentes et parce qu’elles le souhaitaient, nous leur avons proposé un récit plus précis de l’enterrement de leur proche. Ces textes souvent ont été écrits à plusieurs et relus par des personnes non présentes afin de pouvoir prendre du recul et trouver le ton juste. Les familles ont été souvent sensibles à ces récits.

Construire un calendrier pour assurer une permanence pendant la période estivale

 

IV – Projet d’embellissement du carré des tombes de pleine terre du cimetière de Cornebarrieu, entretien et fleurissement des tombes des amis de la rue.

 

Lors de l’enterrement de Mr L., le 21 septembre 2010, ses amis, présents à son inhumation, ont manifesté des préoccupations à l’égard des tombes des personnes ayant fait l’expérience de la rue. Les membres de l’atelier, après y avoir réfléchi, ont demandé une nouvelle rencontre avec Mr Amiel, Me Bonnin et leurs équipes. Celle-ci a eu lieu le 18 novembre 2010. Elle a permis les réflexions et avancées suivantes :

 

L’état général du « carré des tombes de pleine terre »

 

Celui-ci est appelé communément, mais à tort, « carré des indigents ». Il s’agit, en effet, de l’espace réservé aux inhumations payées par la Mairie de Toulouse. Celles-ci ne concernent pas seulement les amis de la rue mais aussi toutes les personnes décédées dont les familles n’ont pas pris en charge les frais d’obsèques ou les personnes sans famille. Ces espaces sont abimés et ne sont pas mis en valeur.

Les services des cimetières nous ont précisé que :

le terrain du cimetière de Cornebarrieu est rempli de galets de Garonne, la terre est glaiseuse et rends les aménagements difficiles : plantes rases, bordures, graviers …

la dotation financière actuelle ne permet pas d’investissements suffisants. Des gazons synthétiques sont à l’étude, des réflexions au niveau national, en terme de développement durable, sont envisagés mais aucun calendrier ni budgétisation ne sont encore fixés.

 

L’embellissement général de ces espaces par la Mairie n’est donc, pour l’instant, pas envisageable.

 

Les tombes en pleine terre

 

Les concessions « pleine terre » sont des concessions dans laquelle les cercueils sont enterrés directement en terre sans autre structure. Le cadre légal de la gestion des cimetières prévoit que les concessions « pleine terre » sont la « norme ». N’importe quelle personne peut être inhumée sur une concession « pleine terre » dès lors qu’elle ou sa famille en a fait le choix. Les amis de la rue, bénéficiant de la prise en charge de leurs obsèques par la mairie de Toulouse, ne sont donc pas inhumés dans un espace géographique dédié mais bénéficient d’une concession « pleine terre » là où elle est disponible.

La concession de ces tombes est donnée pour 5 ans. Mais la récupération peut se faire (dans les usages actuels) en réalité au bout de 7 ans ½ si les services du cimetière en ont besoin (ce qui n’est pas toujours le cas). Or, ces derniers récupèreront plus facilement une tombe non entretenue qu’une tombe entretenue. Les tombes actuellement récupérée datent des années 80, les tombes plus récentes seront donc encore conservées quelques années. L’entretien de celles-ci permettra une meilleure attention des agents et un partenariat pourra s’envisager autour de « procédure d’alerte » envers le collectif « Goutte de Vies ».

Les tumulus (amas de terre qui recouvrent les tombes) s’effondrent avec le temps, les stèles et croix parfois sont penchées et abimées. Les tombes sont des espaces privés appartenant aux familles et sur lesquels la Mairie ne peut pas intervenir. Les services des cimetières ne peuvent entretenir que les espaces entre celles-ci.

En revanche, pour les tombes payées par la municipalité, la concession reste la propriété de la Mairie. L’entretien est donc légalement possible en tant qu’espace non privatif. Il est néanmoins nécessaire d’agir avec prudence. Lorsque ces interventions ne mettent pas à contribution les familles, ces dernières peuvent légitimement mal réagir. Une fois le repérage effectué, il sera donc nécessaire de procéder au cas par cas et de repérer si des familles sont susceptibles d’être interpellées pour obtenir leur accord avant de procéder à ces aménagements.

 

La prolongation de la concession (160 euros pour 15 ans) est possible.

 

L’usage voulait jusque là que les cendres des restes mortuaires soient dispersées au jardin du souvenir. Les nouveaux textes obligent à les conserver dans un ossuaire avec une plaque identitaire et ne permettent plus la dispersion des cendres. Les protocoles à venir ne sont pas encore établis. Dans l’attente, les restes mortuaires sont conservés dans des urnes après crémation.

 

Le recensement des tombes

Les services municipaux ont accepté le principe d’une collaboration pour un travail de repérage des tombes des amis de la rue. Après avoir constitué une demande écrite officielle, l’un de membres de l’association ira consulter les registres du cimetière de Cornebarrieu avec la liste des « morts de la rue » (nom, prénom et date de décès uniquement) afin de repérer l’emplacement exact de chaque tombe. Ce travail devrait être terminé à en juin 2010.

 

L’embellissement

Par souci de rendre hommage à leur camarade et de conservation de ces tombes, les amis de la rue, présents aux différentes inhumations en 2010, ont manifesté le souhait de pouvoir participer à cette réhabilitation avec l’aide du GAF, des équipes de Cornebarieu et des bénévoles de « Goutte de Vies ». La rencontre du 18 novembre 2010 a permis de décider de plusieurs actions :

Récupérer des galets de Garonne (avec l’aide des agents du cimetière) et les disposer autour des tumulus.

Planter de la lavande (qui présente l’avantage de fleurir en été) et des pieds de violette (qui fleurissent au printemps et à l’automne).

Rénover les stèles et les croix abimées.

 

Ces actions seront financées en partie par la quête de la prochaine messe annuelle en hommage aux morts de la rue, qui s’est tenue le lundi 22 novembre 2010 en l’Eglise Notre-Dame-du-Taur à Toulouse. Le reste du financement (si besoin) est à prévoir.

Enfin, les personnes ayant fait l’expérience de la rue ont souvent des surnoms. Les amis de la rue souhaitaient que ce surnom puisse apparaître sur la tombe. Les services municipaux nous ont précisé que la loi ne s’y oppose pas, à la seule condition (qui était également le souhait de « Goutte de Vies ») que la famille, si elle est présente, ait impérativement donné son accord pour cela.

 

Une cérémonie d’hommage

La constitution d’une stèle d’hommage aux amis de la rue. Le Groupe Amitié Fraternité (GAF) a réalisé une plaque en terre cuite d’hommage aux amis de la rue. Les membres de l’atelier ont proposé aux services des cimetières qui ont accepté, que celle-ci soit posée dans le jardin du souvenir à Cornebarieu.

La cérémonie

Lorsque le travail de mémoire autour des tombes sera achevé, à l’automne 2011, le collectif « Goutte de Vies » organisera une cérémonie d’hommage publique en présence des amis de la rue et des officiels. La plaque du GAF sera déposée. Cette cérémonie se construira avec les personnes ayant fait l’expérience de la rue.

V – Autres perspectives de travail pour l’atelier fin 2010 et 2011.

 

Constitution d’un glossaire à l’attention du réseau

L’atelier souhaite constituer un livret qui serait un outil à destination du réseau. Celui-ci regrouperait :

un glossaire des différents termes utilisés dans le champ de la mort,

une présentation des acteurs et de leurs missions (CHU, Police, Pompes funèbres municipales …) avec les contacts des services et des personnes ressources,

une présentation des protocoles et procédures,

une présentation des rites religieux.

Deux membres de l’atelier se proposent pour y travailler. Le groupe souligne qu’il s’agit de se donner le temps et de réaliser ce livret tout au long de l’année.

 

Réflexion sur la mort en prison

La proximité de la Maison d’Arrêt et du Centre de Détention de Muret et Seysses nous préoccupe d’autant plus que parmi les personnes ayant fait l’expérience de la rue, il arrive que certaines aient connu la détention. A l’inverse, certaines personnes connues du réseau peuvent décéder en prison.

Où sont enterrées ces personnes ? Comment sont recherchées et accompagnées les familles ? Est-il possible d’établir un partenariat et de faire connaître l’action de « Goutte de Vies » ? L’association peut-elle aider et proposer ses services ?

Le groupe décide de se rapprocher de l’une des adhérentes de « Goutte de Vies » qui intervient bénévolement à la prison pour essayer d’évaluer la faisabilité et la pertinence de ce projet.

 

 


Atelier 4 : Mémoire et témoignage

 

Cet atelier a cessé de se réunir en 2010. Toutefois ses membres restent actifs pour :

 

La rédaction de la charte éthique de « Goutte de Vies »

Pouvoir répondre à des « évènements particuliers » destinés aux membres de l’association (ou à toutes personnes concernées) qui souhaitent en témoigner et y réfléchir au sein de groupes de parole.

 

 

Atelier 5 : Alerter, sensibiliser

 

Cette thématique, transversale à tous les ateliers, reste prégnante. Si l’atelier, en tant que tel, a pris fin en 2010, celle-ci est aujourd’hui portée par les administrateurs et les membres du bureau. En 2010, le collectif s’est ainsi impliqué à plusieurs niveaux :

 

Des interventions dans les écoles d’assistant de service social (Croix Rouge et ERASS) ainsi que dans les écoles infirmiers.

 

Une aide ainsi qu’une participation à l’évènement « Tout Brassens ou presque » au lieu dit La Chapelle à Toulouse portée par l’une des associations membres du collectif « l’Atelier Idéal ». Il s’est agit d’un évènement hommage aux personnes décédées à la « Chapelle », lieu alternatif, squat culturel marqué dans son histoire par la mort sur le lieu de Jiri Wolf : poète et écrivain Tchèque ayant « squatté » longtemps sur place et à Georges B, chanteur-poète de la rue toulousaine dans les années 90 et retrouvé à cette occasion. Tout au long de la semaine, il y a eu des projections de films sur la thématique de la rue, des interventions d’associations telles que le GAF, des concerts, des performances …

 

Des actions de mobilisation, via internet, et des appels à manifester contre la fermeture des centres de Lapujade et Hôtel-Dieu et leur déplacement dans la zone Thibaud. « Goutte de Vies » a également soutenu l’action de l’équipe de la Halte-Santé contre l’implantation de ce service destiné aux personnes de la rue malades ou fatiguées et géré par le CHU de Toulouse, près de l’Hôpital Purpan, loin du centre ville.

 


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