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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

8) Rapport d'activité 2010 "Goutte de vie"- Données statistique 2ème partie

Publié le 21 Août 2011 par G. P. S. in Rapports d'activité Goutte de Vies

III – Comparatif 2009 - 2010

 

Le démarrage du projet « Goutte de Vies » en janvier 2009 a permis un recueil plus systématique du nombre de décès, de leur cause et des lieux sur l’agglomération toulousaine. Les centres funéraires de Rangueil et Purpan, la régie municipale des Pompes Funèbres, le service d’investigation judiciaire (SIJ) de la police nationale mais aussi les associations et institutions du réseau et les amis de la rue y ont largement contribué. Plus que jamais, c’est la vigilance de chacun de ces acteurs à nous informer de chaque décès qui permet d’avoir les données les plus proches possible de la réalité.

 

-          En 2009, nous avons recensés 29 décès : 26 hommes et trois femmes : moyenne d’âge des décès 47 ans

-          En 2010, nous avons recensé 30 décès : 28 hommes et deux femmes : moyenne d’âge des décès 50 ans

 

a)     Répartition par mois

 

 

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

2009

1

0

1

5

2

4

2010

2

1

3

0

3

0

 

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

2009

3

2

1

2

1

4

2010

2

4

3

3

3

5

 

En 2009 sur notre échantillon, c’est au printemps que nous avons le nombre de décès le plus important soit 42% des décès.

En 2010 : le constat marquant est une prévalence de décès chez des personnes plus âgées

 

b)     Lieux de décès

 

 

2009

2010

Hôpital

10 (28%)

14

Rue

6 (23%)

7

Appartement

4 (15%)

3

Caravane

 

1

Squat

4 (15%)

4

Commissariat

2 (10%)

0

Maison de retraite

1 (4,5%)

0

Soins palliatifs

1 (4,5%)

0

 

En 2009 : 37% des décès se produisent en institution (hôpital, clinique, maison de retraite). Notons tout de même que 23% des décès se font à la rue. Les 4 décès en squat sont tous liés à une overdose.

En 2010 : 14 sont décédés à l’hôpital de longue maladie, 12 dans des conditions précaires (rue, squat, caravane).

 

c)     Les causes

 

Année

Morts subites

Suicide

Mort violrnte (agression, accident, noyade)

Overdose

Longue maladie

2009

10

(36%)

5

(18%)

 

3

(10%)

10

(36%)

2010

10

 

 

5

2

12

 

En 2009 : prêt de 30% des décès sont des morts violentes (suicide ou overdose).

Ces chiffres montrent que le risque de mort subite ou imminente (souvent violente) reste pour cette population une constante.

En 2010 : nous pouvons établir les mêmes constats (2 noyades, 3 morts violentes (meurtre, agression, accident) qui se rajoutent aux 9 morts violentes. La mort rapide reste pour la majorité une constante et témoigne de l’insécurité de la rue.

 

 

 

d)     Répartition par tranche d’âge

 

Année

18-25 ans

25-35 ans

35-45 ans

45-60 ans

Plus de 60 ans

2009

1

(4%)

5

(18%)

9

(34%)

7

(26%)

5

(18%)

2010

0

5

5

9

10

 

 

En 2009 : 56% des décès ont lieu avant 45 ans. Le plus jeune avait 24 ans, le plus âgé : 70 ans.

En 2010 : 19 décès concerne des personnes de plus de 45 ans. La rue toulousaine a perdu certaines de ses figures emblématiques et bien connues des équipes.

 

 

 « Nous n’avons, en France, aucune étude menée sur la mortalité des personnes sans domicile fixe. Il n’y a pas de repérage systématique de la situation de logement dans les systèmes d’information en santé et, notamment, dans la plupart des systèmes de surveillance épidémiologique. Les personnes sans domicile sont classés dans les statistiques de mortalité dans la vaste catégorie des… « inactifs » ! A Paris, tous les morts retrouvés à la rue sont adressés à l’Institut médicolégal (qui dépend du Ministère de l’Intérieur) qui ne rend aucun chiffres publics et ceux-ci ne sont pas pris en compte dans les analyses des causes de mortalité de l’Inserm. En se référant aux études menées à l’étranger et notamment aux Etats unis, la mortalité des personnes sans domicile semble plus élevée et/ou plus précoce que celle de la population générale. On observe des âges moyens au décès compris entre 40 et 47 ans pour les personnes sans domicile et une mortalité environ 4 fois plus élevée que dans le reste de la population.

Face à ce manque de données statistiques françaises, les collectifs des morts de la rue ont permis depuis 2002 de rendre lisible la surmortalité, l’âge précoce de décès et le fort pourcentage de décès par mort violente inhérents aux personnes sans domicile. »

 

Pascale Estecahandy            « La santé des personnes sans chez soi » Girard et al. Nov 2009

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