Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

Communiqué de la Campagne de Réquisition d'Entraide et Autogestion pour le 159 Chemin Lapujade & lettre ouverte aux toulousains par les habitants du 159 chemin Lapujade:

Publié le 7 Février 2013 par Le blog du G. P. S. in Du Collectif à la Campagne de Réquisition- la CREA



Vendredi 8 février aura lieu le procès des habitants du 159 Chemin Lapujade occupé depuis le 18 novembre 2012. Suites aux menaces et violences subies durant presque deux mois par des hommes envoyés par le propriétaire, Jérôme Ducros, gérant de la SCI Lapujade, filiale du Groupe Immobilier JD Promotion très influent sur Toulouse, ce dernier a tout de même fini par les assigner au Tribunal d’Instance de Toulouse. Les habitants et leur avocat plaideront la non validité de cette assignation, en effet il n’y a pas d’urgence puisque l’assignation n’a pas été envoyée après que le constat d’occupation ait été fait par l’huissier le 26 novembre. Par ailleurs, les projets de Jérôme Ducros a propos de la maison (sa mise en vente sans le terrain) sont très flous alors que son but ultime est de faire construire un petit immeuble de 25 à 30 logements neufs et haut de gamme en détruisant au passage le magnifique jardin de la maison et en empiétant sur les propriétés voisines pour y construire des passages.


Projet contre lequel les habitants, la famille des anciens propriétaires et associations du quartier se sont déjà mobilisés à de nombreuses reprises (la maison, une toulousaine, a été classée par la DRAC). Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à se mobiliser pour soutenir les habitants du 159 à leur procès contre Ducros.

Les habitants de la maison, membres de la Campagne pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion (CREA) ne laisseront pas un promoteur immobilier poursuivre ses projets d’appartements haut de gamme alors que des centaines de personnes sont à la rue et n’ont pas les moyens d’accéder à ce type de logement. La rénovation du quartier Bonnefoy entrepris par la ville de Toulouse cautionne ces pratiques qui consistent à exproprier et expulser les petits locataires et propriétaires afin de construire des lotissements. La CREA continuera de réquisitionner des bâtiments pour loger les personnes à la rue et de lutter contre le pouvoir de l’argent.



Les habitants du 159 Chemin Lapujade proposent une lettre afin de compléter ce communiqué :




Lettre ouverte aux Toulousains

par les habitants du 159 Chemin Lapujade



Depuis le 18 novembre 2012, nous sommes 7 personnes à vivre au 159 Chemin Lapujade dans le cadre de la Campagne pour la Réquisition l'Entraide et l'Autogestion (CREA). Nous sommes femmes, enfants, étudiants, chômeurs, travailleurs précaires, artistes... La maison est une grande et belle toulousaine agrémentée d'un immense jardin doté de nombreux arbres fruitiers.


Le 26 décembre, nous avons rencontré son propriétaire, Monsieur Jérôme Ducros, gérant de la SCI Lapujade, filiale de JD promotion, grosse société d'immobilier influente sur Toulouse. Celui-ci nous a informés que la maison était en vente et a proposé un accord si nous laissions les visites se faire et si nous nous engagions à entretenir la maison et le jardin. Par la suite, nous avons répondu favorablement à cette proposition mais Monsieur Ducros et son avocate, Maître Sophie Ferreira, nous ont laissé lettre morte.

La maison était vide depuis deux ans, c'était une maison de famille.


En 2011, les anciens propriétaires ont fait le choix douloureux de la mettre en vente en souhaitant qu'elle continue à vivre. Malheureusement, un promoteur immobilier, la SCI Lapujade, l'a rachetée par une belle entourloupe avec pour projet de la détruire et de construire une bâtisse neuve de 25 à 30 logements sur le terrain.


Les anciens propriétaires pensant avoir vendu à un particulier (la femme de Jérôme Ducros la achetée puis revendue à la SCI Lapujade), choqués par le procédé, se sont concertés avec le voisinage afin de tout mettre en oeuvre pour sauver la maison et ne pas voir un immeuble se construire et leur gâcher le paysage. Grâce à cette lutte commune et le soutien des associations de défense des toulousaines, la maison a pu être classée par la DRAC, et le projet de l'actuel propriétaire refusé.


Suite à l'arrêt de ce projet, la SCI Lapujade a décidé de remettre la maison en vente tronquée de son terrain afin d'y faire un nouveau projet de construction. L'idée était d'acheter un bout du terrain du voisin de derrière auquel une piscine a été promise et de détruire une autre Toulousaine afin de faire des accès à la bâtisse. Les voisins se sont à nouveau mobilisés pour l'arrêt de ce nouveau projet.


Aujourd'hui, une nouvelle demande de permis de construire à été déposée à l'urbanisme le 28 décembre malgré notre présence depuis le 18 novembre.

Ce ne sont pas les seuls problèmes. En creusant un peu, nous avons découvert et souffert des pratiques mafieuses de Monsieur Ducros. Nous avons subi des menaces, des violences et des dégradations sur notre lieu d'habitations de la part d'hommes qu'il nous a envoyé pour nous expulser de manière illégale. Ces pratiques, il les a déjà employées pour d'autres squats (impasse Carel), d'autres bâtisses anciennes (Le Castelet) ou même un jardin d'enfant qu'il voulait détruire toujours dans le but d'y construire des immeubles de logements neufs.

Nous n'avons pas cédé aux pressions et les menaces se sont arrêtées à peu près au même moment où Monsieur Ducros a fini par se décider à utiliser la voie légale et nous assigner au Tribunal d'Instance de Toulouse. Il demande notre expulsion sans délai ainsi que le versement d'indemnités arguant que notre occupation serait source de dégradations, de troubles du voisinages et empêcherait la vente...

Aujourd'hui, nous avons le soutien des voisins pour qui notre présence est un frein aux projets immobiliers de Ducros, de la famille des anciens propriétaires qui voit la maison revivre ainsi que d'autres habitants du quartiers pour lesquels la maison est un lieu de vie accueillant. Nous avons plusieurs projets, nous avons commencé un potager, nous avons réalisé les travaux nécessaires à la conservation de la maison (plomberie, électricité) avec l'aide d'artisans professionnels, nous avons coupé un arbre mort qui menaçait de s'écrouler sur un mur voisin avec l'hiver, nous organisons des goûters auxquels voisins et amis sont conviés. Nous profitons de cette maison pour mettre en oeuvre les principes de la CREA que sont l'entraide et l'autogestion avec des espaces de transmission des savoirs (en cuisine, jardinage, bricolage...). Mais aussi, avoir un habitat stable nous permet d'avancer d'un point de vue plus personnel : poursuivre nos études, régler nos problèmes administratifs, écrire, peindre, trouver un travail, aller à l'école...


Nous demandons donc aux juges de ne pas faire le jeu des promoteurs immobiliers influents et de la politique d'urbanisme de la Mairie liée à l'arrivée de la LGV (Ligne à Grande Vitesse) qui engendre expropriations, expulsions, destructions des bâtisses anciennes. Car cette maison n'est pas un cas isolé et le quartier est en phase de complète rénovation. Ceci aura pour conséquence de repousser les pauvres, les vieux et tous ceux qui n'ont pas les moyens de lutter en dehors des limites de la ville. Le slogan "Toulouse Ville Propre" n'est pas vain et est en voie de réalisation. Les promoteurs immobiliers profitent de cette politique pour mettre l'argent sur la table afin d'inciter les propriétaires des maisons du quartier à céder leurs bien, ayant pour conséquence l'augmentation des prix de l'immobilier. Le but est de construire des logements impersonnels auxquels seule une catégorie de population pourra avoir accès financièrement alors qu'il y a plus de 12 000 logements vides à Toulouse, que 400 personnes vivent à la rue et qu'une centaine de personnes vient de se faire expulser de son logement au plus froid de l'hiver. On voit clairement que la ville de Toulouse marche main dans la main avec les promoteurs et ne se préoccupe que très peu de ce que peuvent devenir les gens à la rue.

A côté de ça, la Campagne pour la Réquisition l'Entraide et l'Autogestion continue de se mobiliser pour loger les personnes à la rue, créer des espaces de vie collectifs et mettre fin aux pratiques de l'Etat. Nous continuerons de lutter pour que chacun puisse vivre en toute dignité.



Les habitants du 159 Chemin Lapujade, membres de la CREA soutenus par le DAL Toulouse, No Vox, l’association Agir Pour Croix Daurade, le Mouvement le Cri

Commenter cet article