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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

"Faites des économies, triez vos sans-abri ":

Publié le 11 Juin 2013 par Le blog du G. P. S. in Archives partout ailleurs 2013

Article de Philippe Alain, paru sur Médiartpart le 30 mai 2013:

 

 

"Le préfet du Rhône, applique aux Roms une technique innovante et efficace afin de mettre en œuvre le nettoyage ethnique préconisé par le gouvernement: le tri sélectif appliqué aux sans-abri. Le bâtiment qu’ils occupaient à Lyon avait brûlé le 13 mai parce qu’on les avait obligé à s’éclairer à la bougie. Trois personnes en sont mortes. (1) La préfecture, dans un grand élan de générosité avait mis tout le monde à l’abri, dans un gymnase. 15 jours plus tard, tout le monde est expulsé. A gauche, un groupe de 60 personnes, direction une ancienne caserne, à droite, un groupe de 120 personnes, direction le trottoir.

 

L’incohérence de la préfecture

 

Le jour de l’incendie qui coûte la vie à 3 personnes dont un enfant de 12 ans, la préfecture déclare la main sur le cœur: « Devant ce drame, il convient de s’incliner devant la mémoire des victimes, de s’interroger tous ensemble sur notre collectivité humaine et nos actions ». C’est beau comme un requiem. Les autorités ne nous ont pas habitué à ce genre de considération quand il s’agit de Roms. « S’interroger sur notre collectivité humaine et nos actions… ». L’interrogation du préfet ne dure pas longtemps : 15 jours. On aurait pu penser qu’après une réflexion si profonde, de nouvelles solutions allaient être trouvées. Et bien non, on applique la même bonne vieille méthode inventée sous Sarkozy : dégage. Le 13 mai, la préfecture fait mine d’être très touchée par la mort de 3 personnes, s’interroge sur le sens de son action et met à l’abri des familles. Vous me direz, il y a de quoi. C’est justement la préfecture qui avait accordé le concours de la force publique pour expulser ces familles en 2012 d’un immeuble parfaitement salubre, lui. Le 29 mai, après s’être interrogée sur le sens de son action et sur la collectivité humaine, la préfecture jette les mêmes personnes à la rue. Tout ça pour ça. Bien évidemment cela n’a rien à voir avec les considérations du préfet, mais le lendemain de l’incendie, Valls et Taubira étaient venus en grande pompe à Lyon pour parler sécurité. Il y avait devant le squat parti en fumée tout ce que la ville compte de journalistes, de caméras de télévision et de radio. Vous pensez. 3 morts, c’est pas tous les jours. Ce 29 mai sous la pluie, il n’y avait qu’une seule caméra pour filmer l’épisode suivant. Pas de mort, pas de média, pas de mise à l’abri.

 

50 enfants jetés à la rue dont un nourrisson de 2 semaines

 

Devant les grilles du gymnase, il y a 120 personnes dont une cinquantaine d’enfants. La plupart sont scolarisés mais pas tous. Par exemple ce nourrisson plus petit qu’un demi bras qui tète le sein de sa mère. Il a deux semaines. Face à l’ampleur des dégâts provoqués par cette expulsion et le nombre impressionnant d’enfants, quelques personnes, conduites par Médecins du Monde se rendent à la Maison du Rhône qui dépend du Conseil Général. Le Conseil Général a en effet une mission de protection de l’enfance et la possibilité de mettre à l’abri pour quelques nuits les familles avec enfants qui se retrouvent à la rue. On pouvait légitimement penser que les personnes les plus à même de protéger un enfant sont ses parents. Et bien non, pas pour le Conseil Général et pas quand ils sont Roms. Aux familles qui viennent demander de l’aide, on propose de séparer les enfants de leurs parents et de les placer en foyer… Les familles, choquées par cette proposition qu’aucune personne n’aurait probablement osé leur faire s’ils n’avaient pas été Roms partent en courant en se demandant si ce pays n’est pas devenu complètement fou.

 

Le triple mensonge" pour lire la suite : clic

 

 

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