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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

Hébergement d'urgence : "Il faut pérenniser les places ouvertes l'hiver"

Publié le 3 Février 2012 par Le blog du G. P. S. in Documents

Article paru sur Le Monde .fr le 30 janvier 2012:

 

 

"Arnaud Richard, député, corapporteur d'un rapport parlementaire sur l'hébergement d'urgence 

 

 

Des sans-abris arrivent, fin 2008, dans un gymnase mis à leur disposition par la Ville de Paris.

Des sans-abris arrivent, fin 2008, dans un gymnase mis à leur disposition par la Ville de Paris. AFP/JACQUES DEMARTHON

Le mercure doit tomber en dessous de zéro cette semaine dans l'Hexagone, poussant plusieurs préfectures – en particulier dans le Nord – à déclencher le "plan grand froid". Ce dispositif, lancé lorsque les températures sont négatives le jour et comprises entre - 5 °C et - 10 °C la nuit permet l'ouverture de places d'hébergement supplémentaires pour les sans domicile fixe. Les effectifs du Samu social sont aussi renforcés. Pour le député Arnaud Richard, cette gestion saisonnière de l'hébergement d'urgence est contre-productive. Corapporteur d'un rapport parlementaire sur ce sujet, il souligne le déficit d'environ 70 000 places d'hébergement et préconise le maintien des places ouvertes l'hiver pendant le reste de l'année.

Pourquoi, selon votre rapport, la gestion de l'hébergement "au thermomètre" pose-t-il problème ?

 

 

Il est tout aussi compliqué d'être à la rue l'été que l'hiver. Seulement, il y a davantage d'acteurs mobilisés au moment du grand froid parce que dans l'inconscient collectif, il y a plus de morts en hiver que l'été [les chiffres sont pourtant de même grandeur]. Et les collectivités gèrent la question de l'hébergement d'urgence à l'aune des cas d'hypothermie. On compte 82 600 places d'hébergement d'urgence, l'Etat ouvre 9 300 places complémentaires l'hiver. Nous demandons que ces places soient pérennisées pendant le reste de l'année.

Dans votre rapport, vous mettez l'accent sur la nécessité d'"une action publique préventive". Comment la mettre en place ?

 

On se rend compte qu'il est assez rapide pour quelqu'un qui est dans une situation normale d'avoir un accident de la vie – un divorce ou un impayé de loyer par exemple – et de tomber dans la rue. Il existe beaucoup plus de personnes qu'on ne le pense qui vivent dans leur voiture et qui font comme si de rien n'était au travail. Le système social existe mais il est ensuite difficile de ramener ces personnes vers l'emploi et le logement. Il est donc totalement insatisfaisant de ne pas pouvoir prendre en charge ces personnes tout de suite.

Il est ainsi nécessaire de réorienter l'activité des commissions de coordination des actions de préventions des expulsions (Ccapex) vers une plus grande vigilance des dossiers de personnes qui sont en situation de loyers impayés. Sur environ 100 000 jugements en France, on compte 10 000 expulsions. La question est : est-ce qu'on choisit de donner une chance à ces gens ?

Il faut également promouvoir les communes qui construisent pour les plus démunis, dans le cadre de la loi SRU : accorder par exemple un coefficient particulier aux places construites en maisons-relais. C'est une façon d'inciter à la construction de ce type d'accueil. Il faut également mobiliser les bailleurs sociaux pour qu'ils viennent en appui aux associations.

Enfin, il faut cibler le public : on estime que 30 % des jeunes qui sortent de foyers de l'Aide sociale à l'enfance arrivent à la rue. Les personnes qui sortent de prison sont aussi plus vulnérables.

Pourquoi considérez-vous que le système d'information est problématique ?

Il existe de nombreux acteurs : les conseils généraux, l'Etat ou les associations mais ils ne se parlent pas entre eux. Les personnes en difficulté sont donc ballottées de service en service. Il faut systématiser la mutualisation de l'information entre professionnels. L'idée est aussi que chaque personne ait un référent personnel, cela pourrait être des volontaires du service civique. Il s'agit d'être plus efficace, mais aussi de prendre en considération l'angoisse suscitée par un tel système d'information avec la peur de la vérification.

Vous soulevez dans votre rapport l'argument économique. Comment comparer le coût du maintien dans un logement social au coût de l'hébergement d'urgence ?

La question du coût comparé est délicate. Au-delà du coût humain, ce qui est certain c'est que des personnes dans la rue coûtent plus cher que celles qui n'y sont pas. Les hôtels et l'hébergement d'urgence sont plus coûteux que d'aider à honorer un loyer impayé. 

Propos recueillis par Flora Genoux"

 

Dans le même sens, voici un tract  de  SUD Santé Sociaux, du 26 janvier :

 

Emmaüs a pris le parti de réouvrir l'accueil d'urgence hivernal de Muret, sans subvention de l'Etat :

 

 

 

 

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