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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

"Hébergement d'urgence : la galère des mal-logés":

Publié le 12 Janvier 2012 par Le blog du G. P. S. in Documents

Article paru sur La Dépêche.fr, le 11/01/2012 - Recueilli par G.C.

Les associations de soutien aux mal-logés protestent régulièrement comme ici, place Saint-Etienne à Toulouse./ Photo DDM, archive X. de F.

Les associations de soutien aux mal-logés protestent régulièrement comme ici, place Saint-Etienne à Toulouse./ Photo DDM, archive X. de F.
Les associations de soutien aux mal-logés protestent régulièrement comme ici, place Saint-Etienne à Toulouse./ Photo DDM, archive X. de F.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a de plus en plus de demandes pour un hébergement d'urgence et de moins en moins de places. Les mal-logés crieront leur colère, demain, place du Capitole à Toulouse.

Au lendemain de la sortie de Cantona sur les logements sociaux, la question redevient d'actualité. Ils sont des milliers à Toulouse à dormir où ils le peuvent. Dans les cages d'escalier des immeubles, sous les ponts, dans des caves, sous une tente. Les sans domicile fixe partagent leur quotidien avec des familles désœuvrées, des Roms, des demandeurs d'asile et de plus en plus de travailleurs pauvres. Tous à la même enseigne, ils sont près de 150 000 en France. « Pour ces gens, ces situations ne tiennent pas longtemps. Ce sont des conditions de vie absolument difficiles », confiait-on hier au service de la veille sociale.

À Toulouse, comme ailleurs dans les grandes villes françaises, l'hébergement d'urgence est saturé. Au slogan de « un toit c'est un droit », le Collectif inter-associations de Toulouse et la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) chapeautera une « action républicaine », demain jeudi entre midi et 14 heures, place du Capitole à Toulouse. Car pour les associations - Collectif urgence un toit, l'association Goutte de vies, le collectif des Morts de la rue 31, la Ligue des droits de l'homme et la Cimade - le sort des mal-logés est dans un état critique.

 

 

« L'État se met hors-la-loi »

Le numéro 115 à Toulouse enregistre quotidiennement entre 120 et 160 refus pour manque de places disponible, dont un tiers d'enfants souvent en très bas âge. « Ces chiffres ne concernent pas les communautés Roms qui n'ont accès à rien aujourd'hui », estime Cécile Thimoreau, déléguée régionale de la Fnars. Pour elle, l'État supprime les places d'urgence et créé des maisons relais. « C'est bien, les maisons relais, mais du coup les crédits pour les places d'urgence sont gelés ».

Et la demande explose. En Midi-Pyrénées, la population en situation de précarité financière est de 16,4 % (contre 13,5 % auplan national). La Haute-Garonne dispose de 450 places d'hébergement d'urgence et seulement 15 se libèrent tous les mois. « Aujourd'hui, dénoncent le Collectif et la Fnars, l'État abandonne les plus fragiles et condamne des enfants avec leur famille, des hommes et des femmes à dormir et vivre dans la rue ». « Rien qu'à Toulouse, il faudrait a minima 120 à 130 places supplémentaires, indique la veille sociale. Et on ne compte pas tous ceux qui n'appellent jamais le 115 ou qui n'appellent plus parce qu'on leur répond toujours par la négative ». Or, martèlent-ils, « L'État se met hors-la-loi, car un toit c'est un droit : qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il fasse froid… »


Assia, son mari et sa fille : treize jours sous les ponts

Assia Bouaziz, une jeune femme de 25 ans, reçoit dans une pièce au rez-de-chaussée du centre d'hébergement « Le gîte de l'écluse », en face de la gare SNCF Matabiau à Toulouse. Elle a tenu à témoigner en présence de sa petite fille âgée de 18 mois, atteinte d'une « cardiopathie à type d'atrésie pulmonaire » et opérée quatre fois du cœur. Elle nous montre les analyses médicales pour prouver que sa fille est suivie par un médecin. Assia est en France depuis le 16 mai 2010. Lorsqu'elle est venue, elle était avec son mari âgé de 28 ans et elle était enceinte. Sa petite fille Aya est née en France.

« Au début, nous voulions repartir en Algérie car nous n'avions qu'un visa touristique, mais j'étais enceinte de six mois et ils ont refusé que je monte dans l'avion à l'aéroport ». En France, le couple avait un contact à Toulouse, mais il n'y avait personne à l'adresse. « La France est très chère, dit-elle, on est resté quelques jours à l'hôtel mais après, il a fallu partir ». De foyers en refus, le couple s'est retrouvé à dormir sous les ponts sur les berges de la Garonne. Une mini chaîne de solidarité s'est organisée pour la famille puisse trouver un hébergement d'urgence. ça fait maintenant près d'un an qu'elle vit au gîte de l'écluse. Mais la spirale de l'endettement a fait son œuvre funeste : « Je dois plus de 20 000 euros, assure-t-elle. Les soins pour ma fille, les médicaments pas remboursés, tout est cher ». Surtout, la préfecture refuse pour l'heure de délivrer au couple une carte de séjour qui permettrait au mari de trouver un emploi. C'est la troisième fois que la préfecture leur délivre une autorisation provisoire de séjour valable six mois.


regard : Geneviève Genève, responsable des bénévoles à Médecins sans frontières

"Pour une cause nationale"

N'est-ce pas révoltant de voir tous ces sans-logement ?

Oui et d'ailleurs nous sommes favorables, au sein du Collectif inter-associations, à ce que le droit au logement devienne une grande cause nationale. Depuis plusieurs mois, la crise a amplifié le phénomène. On voit de plus en plus de gens qui ont basculé dans une extrême précarité, alors que les moyens pour les loger ont baissé de 20 % en France. Dans la région aussi. À Toulouse, on estime qu'ils sont entre 3 et 5000, c'est énorme. Des familles dans la rue, dans des garages, des voitures, dans des tentes, avant on ne voyait pas ça. On ne peut pas s'imaginer que l'État abandonne ainsi ces gens, il a une obligation de les loger. Quand on est dans la rue, rien n'est plus difficile que d'avoir la force de lutter.


Le chiffre : 1 000

places> D'hébergement d'urgence manquantes. Selon les associations, l'ensemble du dispositif d'hébergement d'urgence est saturé en Midi-Pyrénées. Il manque 1000 places dans la région.

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