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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

les ASH : "Une victoire surprenante des travailleurs sociaux "squatteurs" à Toulouse, par A. Simonot - 11 mai 2011

Publié le 13 Mai 2011 par G. P. S. in La Maison Goudouli

LUTTE CONTRE L’EXCLUSION HAUTE-GARONNE

 

Une victoire surprenante pour des travailleurs sociaux "squatteurs" à Toulouse

 

Par Anne Simonot - 11 mai 2011

 

 "C'est une décision très forte", s'est félicité le Groupement pour la défense du travail social (GPS), en apprenant le jugement assez rare et surprenant rendu par le tribunal administratif de Toulouse, qui a rejeté mercredi 11 mai la requête de l'Etat demandant l'expulsion "sans délai" des travailleurs sociaux et des "grands précaires" qui occupent depuis fin avril, en toute illégalité, un bâtiment public déserté du centre-ville.

Le juge des référés a en effet jugé "irrecevable" la demande de la préfecture, qui réclamait notamment l'expulsion des membres du GPS en raison de l'insalubrité des lieux et du danger encouru par ses occupants à vivre dans des locaux qui n'ont pas vocation à être habités, mais où sept à huit personnes sans domicile ont trouvé refuge depuis le 26 avril.

 

Un local "ni insalubre, ni vétuste"

Les lieux sont pourtant dotés de tout le confort nécessaire, notamment en termes d'équipements sanitaires, et disposent même d'une chambre froide pour la conservation des aliments, ont argumenté avec succès les avocats, bénévoles, du Groupement pour la défense du travail social.

De même, l'Etat aurait dû apporter la preuve, pour obtenir gain de cause, que cette occupation empêchait la poursuite de ses activités, alors que cet immeuble, qui abritait précédemment les services de l'Association de formation professionnelle des adultes (AFPA), est vide depuis plusieurs mois.

"Le bien en cause n'est en aucun cas insalubre ou vétuste, pas plus qu'il ne représente un quelconque danger, y compris sanitaire, pour les personnes qui l'occupent", constate ainsi le juge des référés dans son ordonnance.

 

Un collectif de salariés du travail social

Sans crier victoire, car ils s'attendent évidemment à ce que la préfecture de la Haute-Garonne - qui n'avait pas encore réagi à cette décision de justice, mercredi en fin de journée - dépose rapidement une autre requête visant à les expulser, les membres du GPS, qui regroupe depuis deux ans une cinquantaine de salariés de services intervenant auprès des plus démunis, apprécient néanmoins le temps supplémentaire qui leur est accordé pour faire entendre leurs revendications.

Celles-ci portent principalement sur la création d'un centre d'hébergement adapté, tolérant notamment la consommation d'alcool, et pouvant accueillir une vingtaine de personnes en situation de très grande précarité.

Ces dernières sont en effet laissées à l'abandon sur l'agglomération toulousaine depuis le remplacement, en décembre 2010, de deux petites structures situées au centre-ville par une plus grande, rejetée à la périphérie toulousaine.

 

Des "grands précaires" cumulant les difficultés

"Nous avons prévenu les décideurs que ces personnes, des 'grands précaires' qui présentent de graves problèmes d'alcoolisme, psychiatriques, spatio-temporels, etc., n'iraient jamais en banlieue alors qu''ils avaient leurs repères au centre-ville depuis des années", a indiqué au site des ASH l'une des porte-parole du collectif de travailleurs sociaux, Annabelle Quillet.

Un certain nombre d'entre eux se sont alors rabattus sur la halte de nuit ouverte à Toulouse pendant la période hivernale, avant dis paraître dans la nature au 31 mars, mettant fin brutalement à un accompagnement social difficile mais nécessaire.

Face à cette situation, le Groupement pour la défense du travail social (GPS) a pris le taureau par les cornes en investissant la cathédrale Saint-Etienne, avant d'en être délogés quelques heures plus tard par les forces de l'ordre.

 

Un dialogue difficile avec la préfecture

Une opération qui leur aura cependant permis de nouer des liens avec le Collectif pour la réquisition, l'entraide et l'autogestion (CREA), qui défend des familles vivant à la rue, et avec lequel le GPS partage aujourd'hui les anciens bâtiments de l'AFPA.

Malgré plusieurs contacts avec la préfecture du département, aucune solution n'a pu être trouvée, les services de l'Etat posant comme préalable "à toute forme de dialogue" la fin de cette occupation illégale (voir encadré).

Quant à la proposition faite par la préfecture d'allouer aux personnes concernées un certain nombre de places en centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), elle est vivement critiquée par le collectif de travailleurs sociaux, qui soulignent que les moyens sont déjà insuffisants dans les CHRS de la région, qui accueillent en outre des publics autonomes, nécessitant un accompagnement totalement différent de celui que réclame la situation des "grands précaires".

 

Pour plus d'informations, consulter le blog du Groupement pour la défense du travail social (GPS), très bien alimenté.

 

LA POSITION DE LA PREFECTURE

 

Si elle n'a pas encore réagi mercredi à la décision du TA de Toulouse, la préfecture de la Haute-Garonne avait apporté, le 5 mai, "des précisions sur la situation" du GPS, en rappelant notamment que l'Etat a ouvert 3 191 places d’hébergement en 2010.

"Un dialogue a été instauré entre la direction départementale de la cohésion sociale et le Groupement pour la défense du travail social il y a quelques semaines", poursuit la préfecture dans ce communiqué, en estimant, à la suite de ces rencontres, "qu’une nouvelle répartition des places d’hébergement existantes permettrait de prendre en compte la situation des grands précaires signalés".

Une redistribution des moyens qui n'emporte cependant pas l'adhésion des travailleurs sociaux (voir article ci-dessus).

"L’occupation illégale d’un établissement public destiné à accueillir de la formation en alternance est inacceptable", indique cependant la préfecture en justifiant ainsi sa décision d'engager un référé au tribunal administratif.

"L’Etat est ouvert à toute forme de dialogue, avec les partenaires associatifs et les collectivités locales, dès que cessera cette occupation illégale", concluent ses services en Haute-Garonne.

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