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Le blog du G. P. S.

Depuis décembre 2008 à Toulouse, le GPS(Groupement Pour la défense du travailSocial) se bat contre les atteintes portées aux usagers du secteur social. Pour ce faire de multiples actions ont été menées en faveur du droit des usagers.

2) Rapport d'activité 2010 "Goutte de vies" - Le projet "Goutte de vies"

Publié le 5 Août 2011 par G. P. S. in Rapports d'activité Goutte de Vies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le projet « Goutte de Vies »

 

« Prendre soin de la vie – Accompagner la mort »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I - Historique de l’association « Goutte de Vies ».

 

Depuis plusieurs années, nombre de professionnels et de bénévoles au contact des personnes vivant ou ayant vécu à la rue, se trouvaient désemparés face à l’isolement et à l’anonymat qui entouraient le décès de ces femmes et hommes. Leur mort rajoutait encore plus à l’exclusion dont ils avaient été victimes pendant leur vie.

 

En 2002, un collectif s’est créé à Paris qui a commencé à sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics, à accompagner les personnes isolées lors des inhumations, à centraliser les noms des défunts pour faciliter les recherches de la part des familles …

Au mois de février 2008, à Toulouse, suite au décès d’une personne bien connue de l’Equipe Mobile Sociale et de Santé (service de la Veille Sociale de la Haute-Garonne) et de la Halte-Santé (établissement médico-social du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Toulouse, un contact a été pris avec l’officier de police judiciaire en charge de l’enquête. Celui-ci a prévenu la famille de l’existence d’amis et de professionnels qui souhaitaient rendre hommage à leur proche. Après plusieurs échanges téléphoniques, la famille a finalement décidé de participer à l’organisation des obsèques, d’être présente à l’inhumation et de rencontrer les amis et les proches du défunt. Une cérémonie a été organisée à l’aumônerie de Rangueil et a rassemblé tous les proches dont des membres de l’association Groupe Amitié Fraternité (GAF). Le groupe s’est ensuite retrouvé lors de l’inhumation pour évoquer la mémoire du défunt et lui rendre un hommage.

Sans cette organisation ce Monsieur aurait été inhumé seul, Le fait de pouvoir mettre en lien la famille et les « témoins » a permis un échange profond entre les différents protagonistes. Cet évènement a fait sens pour toutes les personnes présentes et a mis en lumière une nouvelle fois le besoin à Toulouse d’une action cohérente, solidaire pour mieux accompagner les « morts de la rue ». Face à cela, la Halte Santé, avec le soutien du réseau Santé Précarité du CHU a alors proposé une table ronde, ouverte à tous, pour réfléchir à cette question, mettre en commun les expériences des uns et des autres et envisager des solutions.

La première réunion a eu lieu le 27 mars 2008. Plusieurs associations étaient représentées : le GAF, ATD Quart Monde, la Croix Rouge ainsi que des travailleurs sociaux du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la ville de Toulouse, l’équipe mobile sociale du 115, la Halte-Santé, le Réseau Santé Précarité et diverses personnes. Lors de cette réunion les constats ramenés par les uns et les autres allaient tous dans le même sens. Ces décès sont souvent soudains, les obsèques difficiles à organiser, l’annonce aux familles et leur accompagnement est quasiment inexistant. Les professionnels et bénévoles sont parfois les seuls à être présents à la cérémonie et encore quand ils arrivent à être informés.

Rapidement émerge la prise de conscience et une volonté forte de faire des choses ensemble, là où les initiatives étaient isolées. L’assemblée pose ainsi les bases de quelques grands principes :

se doter, avant toute chose, d’un statut juridique loi 1901 ouvert aux personnes morales et physiques en mettant en avant une identité de collectif avec un conseil d’administration composé d’une majorité de personnes morales,

être un espace laïque, accueillant et tolérant, de rencontres, d’échanges, de réflexions et d’actions, ouvert à toute personnes de tout horizons (professionnels, bénévoles, associations, citoyens),

pouvoir recevoir des fonds propres et établir des conventions avec tous les services et institutions concernés (mairie, hôpital, pompes funèbres …).

 

La décision est prise par l’ensemble des personnes présentes de constituer un groupe de travail chargé d’écrire les statuts pour les leur soumettre lors d’une deuxième réunion. Le GAF propose de nous prêter son local de la route de Blagnac et nous y accueille depuis régulièrement.

 

Les statuts seront validés le 2 juillet 2008. Ils ont été modifiés en assemblée générale extraordinaire le 9 juin 2010, l’article 2 en précise l’objet :

 

Cette association a pour but de :

Mener des réflexions et des actions à destination des personnes ayant fait l’expérience de la rue, en situation de grande fragilité, dans le respect de leur choix et de leur dignité.

 

 Rassembler toutes les personnes se sentant concernées par le fait que des femmes et des hommes qui vivent ou ont vécu à la rue meurent en situation d’isolement.

 

Mettre en œuvre et développer les moyens et actions nécessaires :

pour accompagner les personnes, en situation de vulnérabilité, dans leur propre choix de vie,

pour des funérailles dignes de la condition humaine,

pour l’accompagnement et le soutien des personnes en situation de deuil sans distinction ethnique, sociale, politique ou religieuse,

pour valoriser et transmettre la mémoire des défunts,

pour la recherche, la réflexion et la dénonciation des conditions de mort à la rue et en situation d’isolement.

 

Ainsi, l’association s’autorise à travailler et établir des conventions avec tous les services et institutions concernés (hôpitaux, mairie, services de police, pompes funèbres, autres associations…)

 

Mener une réflexion régulière sur le sens de l’action. L’association se veut être un espace laïque, ouvert et tolérant de rencontre, d'échange, de réflexion et d'actions. Elle est ouverte à toute personne de tout horizon.

 

Le nom de l’association sera également choisi : « Goutte de Vies – CMR 31 ». La « goutte », c’est une tradition de la rue : la rasade que l’on vide par terre lorsqu’on ouvre une bouteille, en hommage aux copains défunts. L’image de cette goutte est devenue le symbole qui emporte avec elle toutes ces vies mais garde leur mémoire intacte comme dans un écrin. CMR 31 signifie « Collectif des Morts de la Rue de la Haute-Garonne ».

 

II – Organisation et fonctionnement en 2010 et perspectives pour 2011

 

Le Conseil d’Administration et ses évolutions

 

L’assemblée générale du 18 novembre 2008 a permis de valider la première phase du projet. L’association Soleil, l’Atelier Idéal, Médecin du Monde, le Secours Catholique, l’association Espoir et l’Hôpital Joseph Ducuing (association des Amis de la Médecine Sociale) ont rejoint le collectif.

Cependant ce nombre est resté insuffisant, rendant impossible l’élection d’un Conseil d’Administration tel que défini par les statuts (8 personnes morales et 7 personnes physiques).

Un conseil d’administration (CA) provisoire a donc été élu pour permettre à l’association de démarrer avec l’idée qu’une fois le projet plus ancré dans le paysage institutionnel et associatif toulousain, l’engagement du tissu associatif serait plus facile. Mais cet engagement associatif escompté n’a pas été au rendez-vous : les adhésions des associations n’ont pas été suffisantes et les autres n’ont pas souhaité rentrer au conseil d’administration.

Au terme d’une année de fonctionnement, le CA provisoire a alors proposé de modifier les statuts afin d’abandonner, dans sa composition, la présence de 8 personnes morales et 7 personnes physiques. Une assemblée générale extraordinaire a été organisée le 9 juin 2010 et a validé que le nouveau CA devrait être composé d’au moins 7 personnes sans préciser qu’elles soient « morales » ou « physiques ». Le règlement intérieur a également été modifié dans ce sens. Le principe des deux collèges (collège de personnes morales et collège de personnes physiques) au CA a été gardé sans pour autant qu’il soit obligatoire mais en supprimant la nécessité d’une majorité d’une voix pour le collège des personnes morales.

Un nouveau CA composé de 13 membres a pu ainsi être élu lors de l’assemblée générale du 9 juin 2010.

Le bureau de Goutte de Vies est composé de trois secrétaires généraux et d’un trésorier (cf liste en annexe).

 

Les adhérents : personnes morales et physiques

 

Les associations suivantes ont adhéré en 2010 : l’association Soleil, l’Atelier Idéal, l’association Aidons-Nous, le Secours Catholique, l’association des Amis de la Médecine Sociale (Hôpital Joseph Ducuing), l’association Passage, l’association des Cités du Secours Catholique et l’Entraide Protestante. Seules « l’association des Amis de la Médecine Sociale » (Hôpital Joseph Ducuing) et le Secours Catholique sont rentrés au CA. Deux associations n’ont pas renouvelé leur adhésion en 2010.

Cet engagement associatif qui était une des volontés des membres fondateurs du collectif n’a pas été atteint et est difficile à obtenir. Cet état de fait renforce la nécessité de mieux communiquer encore sur les actions que nous menons.

L’association compte, en 2010, 39 membres à jour de leur cotisation et 8 associations adhérentes. Elle diffuse ses écris par les réseaux internet auprès de plus de 130 sympathisants et de 70 associations.

 

Les réunions en groupe élargi ou assemblées plénières

 

Les réunions en groupe élargi (assemblées plénières) ont lieu tous les trois mois. Leur rôle est d’organiser, de coordonner et développer l’association et ses actions. Elles sont ouvertes aux membres et aux sympathisants d’une manière libre et constituent un espace d’échange, de réflexion et de rencontre. Les décisions se prennent démocratiquement et après débat. Toute décision pouvant engager l’association ou faisant polémique est renvoyée au Conseil d’Administration.

 

Les Ateliers et le Collège

 

Début 2009, l’association lance cinq ateliers thématiques :

Accompagner la fin de Vie (devenu en 2010 « Prendre soin de la vie)

Accompagner les proches (familles, amis, professionnels)

Accompagner les morts (cérémonies, inhumation …)

Mémoire et témoignage

Alerter, sensibiliser

 

Ces ateliers ont pour but d'évaluer et de recenser l'existant, de faire un état des lieux des pratiques, de repérer des personnes ressources, de créer des réseaux et éventuellement de proposer des améliorations pouvant servir de base à l’élaboration de protocoles. Mais il s'agit de mener en parallèle une réflexion sur le fond et le sens de l’action. Les ateliers se réunissent à leur rythme et où ils le souhaitent (une fois par mois en moyenne). Chaque atelier désigne deux coordinateurs chargés de les programmer, de les animer, de faire le lien avec les autres ateliers, le conseil d’administration et d’écrire les comptes rendus qui sont diffusés aux membres et aux sympathisants.

 

Un collège composé d’au moins un des coordinateurs de chaque atelier se réunissait 15 jours avant chaque assemblée plénière afin de faire le point sur les actions et réflexions transversales entre ateliers et d’éviter les redondances, de mutualiser la réflexion et d’apporter de la cohérence auprès des réseaux et personnes ressources repérées. La disparition de certains ateliers, la fusion, la création de nouveaux en fonction des projets, l’ancrage de Goutte de Vies dans les réseaux, le savoir faire développé … ont fait que les collèges n’apparaissaient plus pertinents. Les assemblées plénières suffisent aujourd’hui pour le fonctionnement général du collectif. L’assemblée plénière du 16 mars 2010 a donc décidé de supprimer les collèges.

L’atelier 1 a évolué dans sa réflexion et a choisi de s’appeler « Prendre soin de la vie »

L’atelier 2 a fusionné avec l’atelier 3, il s’appelle à présent : « Accompagner les morts et soutenir leurs proches »

Les ateliers 4 et 5 ont cessé de se réunir, leurs actions étant transversale aux autres ateliers.

De nouveaux ateliers ont vu le jour autour de projets spécifiques : création d’une maison de retraite, atelier sur les pratiques avec le groupe recherche action (GRAC) de Lyon …

 

Les personnes ressources

 

Il s’agit ici des personnes qui agissent à l’interface entre l’association et certaines institutions : hôpitaux, pompes funèbres, mairie, police.

 

III – Bilan et perspectives

 

Une préoccupation éthique constante

 

L’action de  « Goutte de Vies » touche à un domaine très particulier, celui de la mort. L’appréhension de ce phénomène varie à l’infini des croyances, des expériences individuelles, des influences sociétales, des données anthropologiques, offrant une variété de possibles face auxquels il convient d’être extrêmement prudent. Ainsi le questionnement éthique a-t-il constitué la base de ce projet instituant la notion de temporalité comme valeur de référence. La réflexion est donc constante et en perpétuelle évolution.

 

Un exemple est celui du recensement nominatif sur internet par plusieurs autres collectifs au niveau national. Nous avons souhaité préserver l’anonymat des personnes décédées. Le recencement à but statistique et épidémiologique est importante mais doit préserver quelque chose de l’intime du défunt et de sa famille. Diffuser ainsi sur le net un nom associé à « morts de la rue » sans l’accord du vivant du défunt ou de sa famille va contre l’éthique de notre association. Autant l’événement singulier d’une mort peut être « publiable » (avis de décès, manifestations et célébrations diverses), autant le fait qu’il s’agisse d’un « démuni » ou d’un « exclu » ne rend pas sa mort « publique ». Son nom comme son histoire doivent être préservés et ne sauraient faire l’objet d’un discours idéologique ou militant. L’aspect militant du collectif est fondamental mais doit préserver l’anonymat des personnes, le respect de leur nom et la tranquillité de leur famille.

La charte éthique de Goutte de Vies est en cours d’écriture et devra être validée en 2011.

Une place en tant qu’outil et acteur

 

Le travail accompli depuis début 2009 a montré que la dynamique des ateliers est bonne. Ce projet recueille un accueil bienveillant et une vraie coopération auprès des institutions et des partenaires. L’état des lieux, le repérage des acteurs et des pratiques ont permis de poser les bases d’une action plus cohérente et des premiers protocoles (avec la police, les Centres Funéraires de Rangueil et Purpan, la régie municipale des pompes funèbres, la Mairie de Toulouse, les représentants des cultes, les différents acteurs des soins palliatifs …). « Goutte de Vies » a ainsi peu à peu trouvé naturellement sa place dans le réseau, s’assurant une légitimité de son action, un sens à sa présence en tant qu’outil et acteur.

En parallèle, l’association a « accompagné » prés de 28 décès survenus en 2009 et 29 en 2010. Chaque décès est une histoire humaine différente et exige une évaluation précise, une réponse adaptée, cohérente porté par une attention très forte aux aspects éthiques en général et au secret professionnel en particulier. L’expérience ainsi acquise à travers chacune de ces histoires a régulièrement été rapportée et réfléchie dans les ateliers permettant une meilleure appréhension de cette pratique, une meilleure compréhension des phénomènes en jeu, le repérage des dysfonctionnements ou des freins intersectoriels mais aussi une réflexion sur le fond et le sens de l’action : rôle des maîtres de cérémonie, rituels, accompagnement des familles …

« Goutte de Vies » est donc à la fois

un outil au service des familles, des amis de la rue, des professionnels, des acteurs concernés,

un espace de rencontre et de réflexion sur les pratiques et de nombreux thèmes : la fin de vie, l’accompagnement dans la mort, le deuil, les rites funéraires …,

un partenaire des institutions aujourd’hui affirmé, dans l’accompagnement concret des décès.

 

L’association se veut également être un aiguillon auprès des pouvoirs publics pour rappeler l’aberration que constitue le phénomène de la mort à la rue. Rappelons que la moyenne d’âge des personnes décédées est de 47 ans. Nous souhaitons mettre en lumière une réalité concrète : « la rue tue prématurément en fragilisant des femmes et des hommes aujourd’hui à Toulouse ». Toutes ces personnes ne décèdent pas dans la rue, mais elles y ont vécu une période de souffrance psychique et physique, d’isolement, de privation, d’inconfort moral... Contrairement aux idées couramment proposées, ces personnes ne sont pas mortes de froid en hiver, Avril a été le mois le plus meurtrier en 2009. Les conditions de parcours de vie, de précarité extrême, l’insuffisance des lieux d’accueil et de réponses adaptées en sont l’unique cause.

 

Perspectives pour 2011

 

« Goutte de Vies » tire aujourd’hui un bilan positif de son action sur l’année écoulée tout en entrant dans la troisième phase de son projet. Les enjeux à venir sont les suivants :

 

Renforcer l’identité de collectif dans le but de faire poids dans la dénonciation du phénomène de la mort à la rue.

 

En devenant membre, en tant que personne morale, les associations nous permettent de donner corps à cette identité de collectif chère aux membres fondateurs. Elles apportent également une caution morale qui facilite l’assise de l’association dans son rapport aux institutions et sa légitimité au sein du réseau toulousain (Réseau Santé-Précarité, Collectif Inter-Associations Toulouse …).

Cet objectif fixé l’année dernière s’est traduit par la rencontre de nombreuses associations notamment du réseau « toxicomanie » et « prostitution ». Les associations suivantes ont été ou doivent être rencontrées : Grisélidis et l’Amicale du Nid, l’association Passage, Clémence Isaure et Intermède, Aides, le SAS (Arpade), l’Association Accueil Toxicomanie (AAT) …

Ces rencontres sont intéressantes et permettent :

de faire connaître l’action du collectif et pourvoir ainsi être interpelés en cas de besoin,

de rendre plus fiable les chiffres annuels des décès en faisant en sorte que ces partenaires aient le réflexe de nous alerter lorsqu’ils ont connaissance du décès d’une personne ayant fait l’expérience de la rue,

de renforcer l’identité de collectif : si les associations rencontrées n’adhèrent pas forcément à « Goutte de Vies », elles nous laissent leurs contacts mails et permettent à nos diffusions de circuler élargissant ainsi le champ d’action du collectif

 

Il ressort de ces rencontres que les partenaires nous associent souvent à l’accompagnement des défunts et n’ont pas perçu le travail autour de la fin de vie et des réflexions sur l’accompagnement des personnes en situation de grande fragilité qui sont dans le refus du soin.

Pour le prochain exercice, il sera utile de rencontrer les services de tutelles, les appartements de coordination thérapeutiques et peut-être certaines cliniques périphériques.

Mais plus que jamais aujourd’hui, ce projet a besoin du soutien des associations, de leur engagement en tant que membre.

 

Développer ses actions auprès des institutions et dans le réseau

 

Il s’agit de finaliser les conventions de partenariat et continuer le travail de fond sur l’amélioration des protocoles, des procédures et des pratiques sur l’intersectoriel (CHU, Police, CCAS …).

 

Morts de la rue ou morts isolés

 

La Mairie de Toulouse prends en charge l’inhumation des personnes isolées (ou dont les familles ne souhaitent pas ou ne peuvent pas prendre en charges les frais d’obsèques) décédées sur la commune. Sur l’ensemble des décès, les 2/3 sont des personnes ayant fait l’expérience de la rue. Toutefois, il reste un nombre conséquent de personne qui, à Toulouse, sont inhumées seules. Notre collectif est sensible à cet état de fait. L’une des pistes de réflexion pour notre association pourraient concerner l’accompagnement de ces femmes et de ces hommes. Mais pour cela, il serait pour nécessaire de développer nos moyens humains.

 

Un accueil « grand précaire » - bilan d’étape 2011

 

Fin décembre 2010, quelques jours avant Noël, la préfecture de Toulouse, a décidé dans le but de réaliser des économies financières, la fermeture des accueils d’urgence de l’Hôtel-Dieu et de Lapujade et leur regroupement dans la zone Thibaud. Par la suite, les personnes en situation de grande précarité qui fréquentaient ces centres ont été hébergées par défaut sur la Halte de Nuit. La fermeture de cette dernière, le 31 mars 2011, a entraîné le retour à la rue de ces derniers et leur mise en danger.

 

Le Groupement pour la Défense du Travail Social (GPS) a dans un premier temps occupé à titre symbolique la Cathédrale Saint-Etienne quelques heures jusqu’à se faire expulser. Il a ensuite réquisitionné, le 26 avril 2011, un bâtiment appartenant au ministère de la Cohésion Sociale afin de loger ces personnes en les accueillants 24h sur 24h. Ce nouveau lieu est tenu par des travailleurs sociaux militants qui y interviennent en dehors de leurs heures de travail. Il accueille de manière inconditionnelle les plus fragiles et fait le pari de la cogestion du lieu avec des personnes ayant fait l’expérience de la rue. Assigné en justice par le préfet, 2 travailleurs sociaux, un infirmier et deux sympathisants du GPS ont été convoqués au tribunal administratif le 10 mai 2011. Le juge a néanmoins débouté le Préfet de sa demande.

 

Plusieurs rencontres ont alors eu lieu à la préfecture en présence du GPS, de la FNARS, du collectif Inter-Associations Toulouse et de « Goutte de Vies ». Ces rencontres ont permis :

 

Un moratoire sur la rue Goudouli, le préfet s’est engagé à ne pas expulser encore les occupants de la réquisition.

La constitution d’un groupe de travail en réseau élargi sur la création d’un habitat adapté pour l’accueil des personnes en grande précarité ouvert 24h sur 24h, à l’année et situé en centre ville.

 

Des négociations sont en cours pour trouver des financements pour la rue Goudouli dans l’attente que le projet précité voit le jour (courant 2012 ou 2013). « Goutte de Vies » s’inscrit dans cette dynamique en soutenant, par des relais d’information, la mise à l’abri des grands précaires que permet la réquisition de la rue Goudouli. Enfin, l’association apporte son aide à la réflexion dans l’élaboration du projet d’habitat adapté actuellement en cours d’élaboration.

 

Prendre soin de la vie.

 

La possibilité d'organiser des rencontres et de provoquer des mises en situations de débats autour des thèmes qui animent notre collectif demeurent des objectifs à atteindre. L'organisation d'un forum se prépare; une première journée de formation, concernant l'accompagnement de personnes vivant à la rue, est programmée pour juin 2011.

Des activités d’accès aux loisirs et à la culture

 

Les personnes ayant fait l’expérience de la rue, souvent hébergées dans les accueils d’urgence, manifestent de manière récurrente leur difficulté d’accéder aux loisirs, à la culture. Elles expriment souvent un isolement important, majoré d’un sentiment de désœuvrement et d’ennui. Notre société peine à reconnaître leurs « capacités à faire », leurs potentialités. « Goutte de Vies » pourrait venir soutenir des initiatives ou des projets portés par des bénévoles et par les bénéficiaires des structures d’accueil, le tout dans une démarche de coproduction.

 

 

 


Voir les statuts complets en annexe

Cf en annexe la liste des membres du conseil d’administration et du bureau sur l’exercice 2010

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